Soirée Superwoman: Mariam Dao Gabala, Marie-Josée Ta Lou et Bacome Niamba à l’honneur


09 Mar. 2018

Mariam Dao Gabala, Marie-Josée Ta Lou, Bacome Niamba. 3 femmes. 3 parcours différents mais aussi inspirants les uns que les autres.  Elles étaient à l’honneur lors de la sixième édition de la soirée Superwoman ce Jeudi 8 Mars au Majestic Ivoire.

Mariam Dao Gabala, Superwoman

Mère de 5 garçons, chrétienne, épouse d’un Musulman depuis plus de 30 ans, Madame Dao Gabala est un modèle de réussite professionnelle et familiale.

“Quand on aime, on n’éteint pas. Je suis ce que je suis parce que mon époux a accepté que je me réalise personnellement et professionnellement. Nous avions fait la même école. Nous avons pris les premières années de notre vie conjugale pour nous réaliser professionnellement. Nous avons eu deux carrières professionnelles parallèles épanouies et une belle vie de famille.”

Combien de talents féminins se sont éteints, pour avoir eu le malheur de choisir le mauvais conjoint ? Quelqu’un qui ne voit pas en son épouse une compagne mais un adversaire à combattre. Un subalterne à qui il ne faut pas donner trop d’aise au risque de le voir prendre notre place. Madame Dao Gabala et son époux on su trouver l’équilibre et former un véritable duo gagnant.

“Vous pouvez être actives ou occupées,  mais une fois à la maison faites un effort pour jeter un œil dans la cuisine et assumer vos devoirs. Sachez répondre aux besoins de votre époux et de la maison.”

Mariam Dao Gabala a aussi raconté comment elle a découvert à 33 ans qu’elle avait un cancer du sein à un stade avancé. Elle venait de mettre au monde son 4ème bébé. Il avait deux mois à peine. Elle a décidé de prier de tout son coeur et de s’accrocher à la vie. 33 ans plus tard, elle est encore là pour notre plus grand plaisir, distillant ses conseils.

“La vie est trop courte pour imiter les autres. Soyons nous-mêmes.”

Et c’est cette envie d’être vraie envers elle-même qui la pousse à ne pas entrer en politique.

“J’ai formé 750 femmes pour qu’elles puissent occuper des postes électifs. Mais ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas la passion pour ça. J’aime garder mon indépendance. Je ne veux pas faire de la figuration. ”

 

Marie-Josée Ta Lou, Superwoman

Marie-Josée Ta lou a toujours eu la fibre sportive. C’est d’abord le football qui l’attire, puis elle participe à une compétition d’athlétisme où elle fait une bonne performance alors qu’elle n’a pas le matériel adéquat. Elle décide de s’investir davantage dans la discipline. C’est sans compter l’opposition de sa mère qui voyait un tout autre avenir pour sa progéniture. C’est que la mère de Marie Josée a 4 enfants qu’elle entretient toute seule. Le sport n’a pas à ses yeux une rentabilité financière suffisante pour justifier tous les sacrifices qu’elle a consenti. Sa fille sera médecin.

Mais le destin de Ta Lou est tout autre. Elle abandonne la médecine, fait la finance comptabilité et finit par décrocher une bourse sport/étude pour la Chine. Les difficultés financières sont énormes là-bas. Elle rentre au pays avant d’avoir plus tard une bourse pour se rendre à Dakar. C’est là qu’elle devient la protégée du Coach Anthony Koffi. Il ajoute au potentiel de la jeune athlète son expertise et fait de Marie-Josée Ta Lou une habituée des podiums de récompenses.

“Sur le terrain je n’ai pas d’adversaire. Je veux me dépasser moi-même. Je veux battre mon propre record”.

Marie Josée n’est pas toujours aussi forte qu’il n’y parait. Elle a aussi ses moments de blues. Elle confie d’ailleurs au public que trois semaines avant sa dernière course, où elle a raflé la médaille d’argent des championnats du monde d’athlétisme en salle, elle était malade et déprimée.

“Les gens ne savent pas ce qu’on traverse. Il y a eu des moments où j’ai failli tout abandonner. C’est Dieu qui me donne la force de me surpasser. ”

Croyante, elle compte sur l’appui de Dieu pour aller encore plus loin et se prépare activement pour les Jeux Olympiques de Tokyo.

Bacome Niamba, Superwoman

Elle est sans doute ma plus grande découverte de la soirée puisque je connaissais plus ou moins le parcours des deux premières intervenantes. Bacome Niamba, 10e d’une fratrie de 16 enfants arrête les études en classe de 5e. Ses parents ne peuvent plus payer le montant de la scolarité. Elle devient nounou pour une famille et assure aussi le service dans le maquis de sa patronne la nuit. Ce travail de nuit, où elle est à la merci des remarques salaces des hommes un peu trop ivres, ne lui convient pas.

Un de ses frères lui parle d’un concours de danse organisé par le Village Kiyi. Elle est retenue mais se heurte à un obstacle de taille : son âge. Elle a 17 ans et on recherche des danseurs ayant au moins 19 ans. Elle ment sur son âge et supplie son père de confirmer sa version une fois devant Wêrê Wêrê Liking.  Mais son père dit la vérité à la fondatrice du Village Kiyi. « Elle a 17 ans. Mais donnez-lui une chance. Prenez-la. Je vous la laisse ». C’est le début de l’aventure.

Son talent la conduit a être sollicitée comme enseignante dans des écoles. Elle qui n’a même pas terminé la classe de 5ème , devient le professeur d’étudiants. Rapidement se pose le problème des diplômes. On lui propose un circuit parallèle pour régulariser tout ça.  Elle refuse et choisit la voie légale, la voie la plus difficile. Elle décide de passer le baccalauréat  en candidat libre. 30 ans après avoir quitté l’école. Certains de ses étudiants deviennent ses professeurs. Eux qui viennent d’avoir le bac, ils sont bien outillés pour la coacher.

Alors en 2016, à 42 ans, Bacome Niamba passe le BAC et l’obtient. Sa fille qui présentait le BEPC la même année le réussit également. Aujourd’hui Bacome prépare un Master et entend bien avoir un Doctorat en chorégraphie. Quel parcours inspirant !

“Ce qui m’effraie ce n’est pas de tout recommencer. C’est de ne pas me reconnaître après avoir cédé à des valeurs qui ne sont pas les miennes.”

Bacome, tu viens d’avoir une nouvelle fan.

Voir leurs témoignages en vidéo en cliquant ici

categories 225news

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.