#TIEMOKOGATE: 3 JOURNALISTES ET UNE MINISTRE DANS UNE AFFAIRE DE CORRUPTION


21 Jan. 2014

#tiemokogate

Après une cérémonie des Ebony 2013 sans « Super Ebony » à cause de la faible qualité des productions soumises au jury, une autre affaire vient ébranler le milieu des journalistes. C’est une décision du CNP, Conseil National de la Presse, qui met le feu aux poudres:

« …L’éléphant Déchaîné a invité le Conseil national de la presse (CNP) à prendre des sanctions à l’encontre de  MM. Traoré Moussa et Alafé Wakili respectivement Président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), Gérant de l’entreprise de presse SOCEF-NTIC entreprise éditrice du quotidien L’Intelligent d’Abidjan.
Qu’il accuse ces deux journalistes professionnels d’avoir tenté de le corrompre en lui proposant une somme d’argent afin qu’il épargne de ses écrits, la Ministre déléguée auprès du Premier Ministre chargée de l’Economie et des Finances et son Ministère, suite au réaménagement technique intervenu au sein de son Ministère du fait de ses précédents écrits….
….Qu’en raison de la gravité des faits et de leur influence négative sur la profession, le Conseil a décidé d’infliger à MM. Alafé Wakili et Traoré Moussa,
Conformément à l’article 47 de la loi du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse, une suspension d’écriture d’une durée de six (6) mois pour chacun, suivi du retrait subséquent de leurs cartes d’identité de journaliste professionnel….
« 

Pour résumer, deux journalistes, Alafé Wakili et Traoré Moussa, sont suspendus et se voient retirer leur carte de journaliste professionnel pour avoir tenté de corrompre un autre, Assalé Tiémoko, pour le compte d’un Ministre, Mme Kaba Nialé. Non seulement l’implication d’un membre du gouvernement dans ce que l’on peut appeler le #tiemokogate ou  #assalegate est grave, mais l’affaire est d’autant plus choquante que l’un des mis en cause n’est nul autre que le Président en exercice de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. Celui là même qui est censé être un modèle d’éthique et de déontologie et supposé porter haut la bannière de la profession.

Alors qu’on loue la probité de Assalé Tiémoko, qui a refusé bravement les 500 000 F CFA de la honte, certaines voix s’élèvent pour dire que la raison de ce refus « historique » est toute autre. En réalité, l’indignation du patron de l’éléphant déchaîné viendrait du fait que la somme proposée par Traoré Moussa n’est qu’une infime partie du pactole décaissé par Madame la Ministre pour qu’il réduise son ardeur à dénoncer les irrégularités de son Ministère.

Qu’Assalé Tiémoko ait saisi le CNP par pure conscience professionnelle ou pas, voici une affaire qui va faire grand bruit. La Ministre Kaba Nialé peut dire qu’elle n’a rien à avoir avec cette histoire. Alafé Wakili peut arguer qu’il a été mal interprété ou mieux, que Assalé Tiémoko mène une cabale contre lui (Lire la réaction de Alafé Wakili). Mais le plus mal nanti dans cette histoire reste Traoré Moussa, Président de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. Pour lui pas d’échappatoire. En plus la publication du compte rendu de son audition est loin de lui faire honneur. Un vrai coup dur pour son mandat.

« 18-Que s’agissant de M. Traoré, il a indiqué au Conseil, lors de son audition que le 19 novembre 2013, il a été joint au téléphone par M. Alafé Wakili, pour lui demander de dire à M. Assalé Tiémoko d’épargner ce jour-là Mme KABA NIALE dans son journal et que plus tard, il verrait comment faire pour le mettre en contact avec elle pour qu’il puisse directement recouper les informations en sa possession ;
19-Qu’en sa qualité de président de l’UNJCI, il a entrepris cette mission comme il l’avait souventes fois fait pour faciliter le rapprochement entre des journalistes et des mis en cause en vue de l’équilibre de l’information ;
20- Que connaissant les rapports tumultueux entre MM. Alafé Wakili et Assalé Tiémoko  il dit avoir gardé la discrétion sur le nom de son mandant, assuré que M. Assalé Tiémoko refuserait la proposition, s’il avait su qu’il agissait pour le compte de M. Alafé Wakili ; 
21-Qu’il a dit n’avoir jamais été mandaté par Mme la ministre déléguée à l’Economie ;
22-Que le 25 novembre 2013, M. Alafé Wakili, ayant constaté que M. Assalé Tiémoko avait  observé la « trêve », a décidé de lui faire parvenir par le biais d’un émissaire, cinq cent mille (500 000) FCFA à l’effet de les remettre à M. Assalé Tiémoko en guise de remerciement; 
23-Que ce jour là, il s’est rendu dans les locaux de L’Eléphant Déchainé pour y attendre l’émissaire chargé de convoyer les fonds;
24-Que cependant dans l’attente de cet émissaire M. Assalé Tiémoko aurait refusé de percevoir ledit argent au motif que la contrepartie attendue était la rencontre avec la Ministre ; 
25-Que pour lui il n’y a jamais eu de malentendu, l’ordre émis par M. Alafé Wakili était clair;
26- Que séance tenante, M. Traoré Moussa dit avoir, en présence de M. Assalé Tiémoko qui l’a confirmé lors de son audition, joint l’émissaire au téléphone pour lui demander de renvoyer l’argent, au motif que M. Assalé Tiémoko avait refusé de le réceptionner;
27-Qu’il a dit à l’occasion de sa première audition ne pas connaître ledit émissaire et n’avoir pas non plus enregistré son numéro; 
28-Qu’ au fil des auditions, il va finir par reconnaître que cet émissaire n’est  personne d’autre que le comptable de l’entreprise de presse dont M. Alafé Wakili est le gérant;
29 –Que par ailleurs, lors de sa première audition, il a dit avoir été harcelé par M. Assalé Tiémoko qui lui disait être en attente de ce dont ils avaient convenu; 
30-Que pendant la confrontation il s’est ravisé en indiquant n’avoir été appelé qu’une ou deux fois par ce dernier;
31- Qu’examinant la version de M. Traoré Moussa le Conseil a observé son évolution constante  au fil des auditions; 
32-Qu’il avait dit au départ de l’action avoir été mandaté par Mme Kaba Nialé  alors que c’était M. Alafé Wakili son mandant ; 
33-Qu’il a dit ignorer le nom de l’émissaire avant d’avouer le connaitre lors de la confrontation ;
34-Qu’il a dit avoir été harcelé par M. Assalé Tiémoko, alors qu’il en était rien; « 

Lire l’intégralité de la décision du CNP

 

 

categories 225news

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


3 thoughts on “#TIEMOKOGATE: 3 JOURNALISTES ET UNE MINISTRE DANS UNE AFFAIRE DE CORRUPTION

  1. Je pense que c’est vraiment Malheureux pour notre Presse, rien qu’a voir le Président des Journalistes trempés dans une telle histoire sa donne l’impression que notre Presse et ses Journalistes laisse à désirer…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.