Le Zoo d’Abidjan à l’épreuve des foules: et si on évitait le pire ?


29 Avr. 2017

Avez-vous fait un tour au Zoo d’Abidjan récemment ? J’y suis allée ce matin avec mon fils et j’ai été choquée par ce que j’ai vu.

Un bon moment en famille

Cela faisait quelques jours déjà que mon époux me parlait d’une potentielle sortie au Zoo d’Abidjan pour permettre à notre fils, fan d’animaux, de les découvrir de plus près. C’est ce Samedi 29 Avril finalement que, entre courbatures et fatigue, je me suis laissée entraîner à leur suite jusqu’à cet espace que je n’avais pas revu depuis une vingtaine d’années.

Dès qu’on arrive le monde nous surprend. On se réjouit de voir que le Zoo est un espace aussi prisé par la population. 100 F CFA pour les enfants et 300 F CFA pour les adultes, ce n’est pas cher payé comme prix d’entrée.  On demande un guide. Pour cela on devra débourser 2000 F CFA de plus. Soit, ce n’est pas bien grave. Nous voulons profiter au maximum du moment et déambuler seuls entre les cages inconnues ne nous tente pas.

On apprend beaucoup avec cette jeune guide. J’ai retenu par exemple que la tortue de terre qui est au Zoo a plus de 100 ans et est un cadeau du Président Libérien William Tolbert au Président Félix Houphouet Boigny. Il en a fait don à son tour à la Côte d’Ivoire en l’offrant au Zoo. Le zèbre esseulé dans son enclos est le seul survivant d’un achat de 4 zèbres pour le Zoo. Je me souviens que le montant déboursé pour acquérir ces spécimens avait défrayé la chronique. Il me fait pitié le grand Marabout qui est supposé pouvoir voler à 4000m d’altitude et qui se retrouve confiné dans une cage haute. L’enclos de la panthère est entièrement fermé parce que l’animal est un excellent grimpeur. Par contre, celui du lion est ouvert parce que ce n’est pas son fort.

C’est une joie de voir notre fils émerveillé devant les animaux qu’il ne regardait que dans ses livres. Ces animaux qu’il m’oblige à lui montrer en photo ou en vidéo sur mon ordinateur.

« Maman tètèpan » quand il veut parler de l’éléphant. « Maman Cocodile ». ça c’est le varan qu’il confond avec le crocodile.

Des encadreurs débordés

Mais ce bon moment passé en famille doit s’écourter. Un fort sentiment de malaise nous anime. Pourquoi ? Il y a un monde fou et le danger est hautement perceptible. Une grande majorité d’enfants avec très peu d’adultes pour les encadrer. La plupart des enfants étaient dans une tenue de sport avec le nom de leur école (je ne vais pas le donner pour ne pas stigmatiser un quartier). Je devine donc que ce sont les maîtres et leurs élèves qui sont venus en excursion. Mieux en « pèlerinage ». Il y a des nattes, des repas bien consistants qui sont partagés. Résultat : une montagne de sachets et de déchets abandonnés derrière soi. Pour la propreté il faudra repasser.

C’est visible que les éducateurs ont perdu la main et que les guides du Zoo ainsi que le personnel n’arrivent pas à canaliser. Un jeune homme armé d’un long bois arrive à piquer à plusieurs reprises un chimpanzé dans sa cage. L’animal en colère éclabousse tout le monde avec l’eau de sa mangeoire. Le malaise monte. Des adultes qui jettent de la nourriture aux animaux sans se soucier du fait que cela fasse partie de leur régime ou pas. Des enfants qui franchissent la première barrière de sécurité pour aller jouer à travers les grilles avec les animaux.

« Eh toi quitte là ! crie notre guide. Tu ne vois pas que la grille est défoncée ? Il a fait ça avec ses cornes. Tu imagines ça dans ton ventre ? »

Nous sommes scandalisés.

« C’est normal que ce singe ait une bouteille de sucrerie en main ? »

« Non, me répond la guide, ça doit être un visiteur qui leur a lancé ça ».

Mon mari souhaite qu’on quitte les lieux rapidement. La guide nous rassure.

« Vous n’avez rien vu. Pendant la période de Pâques il y avait 3 fois plus de monde. Les écoles prennent 3 000 F CFA ou 5 000 F CFA avec les enfants qui viennent en car et n’arrivent même pas à les encadrer. Même pour payer les services d’un guide qui va pouvoir enseigner les enfants sur les spécificités des animaux, elles refusent ».

Des mesures urgentes

Il faudra que les autorités compétentes se penchent sur cette affaire. Il faut une sensibilisation de 10minutes au moins à tous les arrivants sur le comportement à avoir dans le Zoo. Il faut fixer un nombre d’enfants maximum que peut accompagner un adulte. Il faut si possible exiger pour chaque groupe de plus de X personnes d’être accompagné par un guide. Il faut poster des agents près de chaque cage pour assurer la surveillance. Pourquoi pas les soigneurs ? Quelque chose doit être fait et vite. Sinon un  jour il y aura un drame et on prendra une mine affectée et surprise comme si on n’avait rien vu venir.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

4 thoughts on “Le Zoo d’Abidjan à l’épreuve des foules: et si on évitait le pire ?

  1. Petite soeur, c’est tellement vrai ! Chez nous, prévenir n’est pas notre fort. On préfère regarder sans agir et après coup faire une mine attristée et désolante comme si on est surpris .

  2. Ma soeur t’as trop raison ,une année l’école primaire organise une sortie au zoo hum le soir elle arrive sale,blessée qu’est-ce qui s’est passé ? un des enfants dans l’euphorie la pousse vers un des animaux si d’autres élèves n’étaient pas là…. Et l’école sans s’excuser, sans un mot la ramène tout c’est bien passé point final c’est la dernière fois qu’elle parte là-bas, tu as bien fait d’en Parker,les autorités malheureusement attendent un malheur avant de réagir mais que Dieu nous épargne toujours

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